Qu’est-ce que « bien manger »? Vous pourriez avoir des surprises.

Voilà ce que c’est d’avoir un président jeune. Il utilise des méthodes de d’jeun’s.

L’Etat se lance dans un gigantesque exercice de démocratie participative. Il organise les Etats Généraux de l’Alimentation, sur le deuxième semestre 2017.

Il s’agit d’une démarche qui s’articule en deux temps:

  1. Du 20 juillet au 20 octobre, une série de consultations publiques
  2. Des ateliers thématiques d’août à novembre

Le tout sera synthétisé en fin d’année pour alimenter (admirez le jeu de mots) la feuille de route nationale relative à ce sujet pour les prochaines années.

C’est à peu près à ce moment-là que le jeu sera le plus périlleux. Vous vous rappelez des Etats Généraux de 1789? Ils avaient commencé exactement pareil. Toute la France s’était mobilisée avec application pour la rédaction de cahiers de doléances, destinés à être exploités lors des Etats Généraux à Versailles. S’ensuivit un vaste débat sur la représentativité du Tiers-Etats puis des réflexions plus globales à l’origine de la Révolution Française, sur fond de… Crise alimentaire.

Aujourd’hui, mêmes termes, autre contexte, autres enjeux… Nouvelles préoccupations. Les résultats pourraient déboucher sur des surprises intéressantes.

Il ne s’agit pas seulement de se demander ce qu’est une bonne alimentation au sens « personnel » du terme (à savoir, comment l’on voudrait manger). Il s’agit surtout d’envisager la question au niveau macro-économique, de se demander ce qu’est une BONNE alimentation, à savoir, bonne pour tous les acteurs de la filière de la fourche à la fourchette. En particulier:

  • Comment relancer la création de valeur et en assurer l’équitable répartition, 
  • Comment permettre aux agriculteurs de vivre dignement de leur travail par le paiement de prix justes,
  • Comment accompagner la transformation des modèles de production pour mieux répondre aux attentes des consommateurs,
  • Comment promouvoir des choix de consommation privilégiant une alimentation saine, sûre, et durable.

Ici, les Français sont mis devant leurs responsabilités. L’alimentation, l’agriculture, la transformation, la distribution et les bons choix de consommation des aliments? Tout le monde ou presque a un avis dessus, parfois assez tranché. Oserons-nous proposer des solutions? Tenir compte des propositions de nos concitoyens?

Cette démarche a vocation à la fois à affiner les diagnostics sur ce qu’il se passe, et à faire émerger des solutions à partir de l’intelligence collective. C’est une extraordinaire occasion d’exercer dans les règles de l’art son influence de citoyen. C’est aussi, peut-être, le début d’une nouvelle forme de démocratie.

Le résultat pourrait, en outre, refléter une évolution des attentes des Français envers leur alimentation et sa chaîne de production. Il pourrait délicieusement compléter un de mes précédents articles sur ce sujet, « Pourquoi l’alimentation d’hier n’était pas meilleure que celle d’aujourd’hui« , traitant de l’évolution des peurs alimentaires. Dans quelle mesure notre rapport à l’alimentation a-t-il changé? Nous le saurons bientôt.

Bref, s’intéresser à cet événement, c’est presque aussi important que de voter.

Sur quoi et comment peut-on donner son avis?

Un site officiel a été créé et je le trouve très bien fait: www.egalimentation.gouv.fr.

Ne ratez surtout pas la page dédiée aux consultations. Vous y trouverez tous les sujets sur lesquels il est possible de se prononcer, ainsi que le nombre de contributions et de votes déjà enregistrés. Non, je ne les citerai pas dans cet article, car je vous recommande vraiment d’y jeter un coup d’œil.

Tout le monde peut participer, du magnat de la grande distribution au militant altermondialiste, de l’artisan du coin au consommateur curieux: il suffit d’un pseudo, d’un courriel et d’un mot de passe.

Quand bien même vous n’auriez pas d’idée à proposer, il est toujours intéressant d’aller flâner sur les différentes propositions formulées. Cela pourrait vous donner des idées de contributions, ou simplement vous permettre d’avoir l’air d’être au courant des actualités si ce sujet atterrit sur la table lors d’un déjeuner entre collègues.

Tous concernés

Au moment où les Français consacrent 23% de leur budget à l’alimentation, où la filière alimentaire génère 3,4 millions d’emplois, soit 13 à 14% de l’emploi national, 15% de notre PIB et 10% de nos exportations, où 20% des productions agricoles européennes viennent chez nous, et ce, dans un contexte de demande internationale croissante co-existant avec des préoccupations nationales importantes (je vous invite ici à lire le résumé qu’en fait l’ANIA), ces débats devraient nous mobiliser en grand nombre. Même si des O.N.G. déplorent l’oubli de certaines thématiques comme « les liens entre alimentation et santé« , « la fiscalité agricole » ou « l’adaptation au changement climatique« , ceci n’en reste pas moins une belle et rare occasion de se poser les bonnes questions.

En quoi consistent les ateliers?

Ils se déroulent en parallèle des consultations publiques. Ils rassemblent, en réunions, des professionnels, leurs représentants, l’Etat… Ils vont servir à débattre sur 14 thèmes prédéfinis, en « petits » comités de quelques dizaines d’intervenants.

Après échanges, ils devront remettre à l’Etat le résultat de leurs débats: propositions et éventuelles divergences.

Ces ateliers porteront sur:

  • La création de valeur:
  1. Mieux répondre aux attentes des consommateurs en termes de qualités nutritionnelles et environnementales, d’ancrage territorial, de bien-être animal et d’innovations.

  2. Développer les initiatives locales et créer des synergies.

  3. Développer la bio-économie et l’économie circulaire.

  4. Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux et faire rayonner l’excellence du modèle alimentaire et le patrimoine alimentaire français en France et à l’international.

  • La répartition de cette valeur:
  1. Rendre les prix d’achat des produits agricoles plus rémunérateurs pour les agriculteurs

  2. Adapter la production agricole aux besoins des différents marchés et aux besoins des transformateurs.

  3. Améliorer les relations commerciales et contractuelles entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs.

  • Une alimentation saine, sûre, durable et accessible à tous
  1. Assurer la sécurité sanitaire de l’alimentation française dans une économie agro-alimentaire mondialisée et dans un contexte de changement climatique tout en prévenant les contaminations chimiques.

  2. Faciliter l’adoption par tous d’une alimentation favorable à la santé.

  3. Lutter contre le gaspillage alimentaire.

  4. Réussir la transition écologique et solidaire de notre agriculture en promouvant une alimentation durable.

  5. Lutter contre l’insécurité alimentaire, s’assurer que chacun puisse avoir accès à une alimentation suffisante et de qualité en France et dans le monde.

  6. Renforcer l’attractivité des métiers de l’agriculture et des filières alimentaires et développer la formation.

Préparer l’avenir

  1. Quels investissements, quel accompagnement technique, quelle recherche pour une plus grande performance environnementale, sanitaire, sociale et économique?

Et après?

Il faudra guetter les conclusions diffusées en fin d’année, qui conditionneront les positions et projets de l’Etat sur ces thèmes. En particulier, les synthèses des consultations sont promises pour début novembre.

Les plus intuitifs d’entre nous en déduiront ce que sera l’alimentation du futur. Voire en feront un business…

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L’évènement incontournable des professionnels de la Sécurité des Denrées Alimentaires

Plus que quelques jours pour s’inscrire à SECUR’FOOD, le 12ème congrès et convention d’affaires sur la Sécurité des Aliments et la Traçabilité. La dead line est le 16 septembre 2016, pour un salon qui se déroulera le mardi 11 et le mercredi 12 octobre 2016.

J’ai personnellement découvert cet événement il y a quelques années. Il se tenait alors en Ile de France -il est aujourd’hui à Avignon. Je l’avais trouvé passionnant et prometteur. Depuis, même lorsque je ne peux pas m’y rendre, je continue à le suivre de près.

Pourquoi je recommande de participer à SECUR’FOOD?

  • Il s’adresse à des professionnels sérieux. Pas de grand public, pas de néophytes.
  • Les conférences sont bien choisies et intéressantes (cf. plus bas).
  • Vous y rencontrerez des fournisseurs ou clients potentiels.
  • Les organisateurs optimisent au MAXIMUM votre précieux temps. Enfin des gens qui ont tout compris. Ils veillent à ce que votre visite vous permette de récolter un maximum d’informations en un minimum de temps. Personne ne vous monopolisera plus d’une demi-heure.
  • C’est une source incontestable de réseautage. Il s’agit encore d’un événement à taille humaine, ce qui permet aux conférenciers, visiteurs et intervenants, d’être accessibles les uns aux autres. En particulier, vous pouvez vous inscrire à un déjeuner sur place, avec d’autres professionnels. A vous ensuite, de savoir repérer, établir et garder les contacts pertinents afin de développer un réseau de professionnels intéressant, en fonction de vos centres d’intérêts.
  • C’est un véritable outil de veille. Il met en valeur les préoccupations actuelles de vos pairs et parties prenantes.
  • Il y a encore beaucoup d’idées reçues sur la sécurité des denrées alimentaires, y compris en milieu professionnel. N’ARRETEZ JAMAIS DE REFLECHIR SUR CE SUJET.

Comment préparer efficacement cette visite?

  • Lors de votre inscription, il vous sera proposé de prendre rendez-vous avec certains interlocuteurs et de choisir vos conférences.
  • Réfléchissez précisément aux buts de votre visite: réseauter? Identifier des fournisseurs? Proposer vos services? Entrevoir de potentielles évolutions stratégiques pour votre entreprise?
  • Vous pouvez d’ores et déjà consulter les résumés de SECUR’FOOD 2015:

La liste des exposants en 2015

La liste des conférences animées en 2015

La liste des participants à l’édition 2015

Quel est le programme des conférences?

Voici le programme qui m’a été communiqué par les organisateurs (cliquez ici pour l’imprimer).

  • Mardi 11 octobre 2016

10h10 – 10h40: Le contrôle de l’étiquetage-produit

Appréhender de manière concrète, et conforme aux instructions européennes, les textes liés au règlement dit »INCO » et textes postérieurs relatifs à l’étiquetage des produits alimentaires préemballés. Le tout en fonction des instructions données aux services de contrôle (en entreprise et au stade du détail), et hors « filières spécifiques » disposant d’un texte vertical (FL, huile d’olive, vin,…).

Par: François BRUN, Chef de service « production », Direction départementale protection des populations

10h45 – 11h15: Comment faire la démonstration d’une « Supply Chain » responsable dans l’industrie agro-alimentaire et rassurer ses consommateurs?

Comment maîtriser de façon responsable et crédible l’ensemble des risques sur sa «Supply Chain» (chaîne d’approvisionnement) agro-alimentaire? Plusieurs chemins sont possibles de la certification en passant par les audits seconde partie jusqu’au projet de labellisation […]. Le développement de schéma de reconnaissance et de labellisation produits, permet ensuite de qualifier un/des segment/s à risque, avec un niveau d’engagement supérieur pour construire la confiance auprès des consommateurs. La démonstration d’une performance pilotée et maîtrisée de sa « Supply Chain » est un avantage concurrentiel dans le contexte agro-alimentaire actuel.

Par: Carol LAZZARELLI, Responsable Technique – Secteur Agroalimentaire, DNV GL – BUSINESS ASSURANCE

11h20 – 11h50: Savoir l’essentiel sur l’Aptitude au Contact Alimentaire (ACA) de mes Emballages & Contenants

Depuis peu, les consommateurs s’inquiètent de plus en plus sur la contamination potentielle des aliments par les emballages. Parmi les nombreuses réglementations que doivent respecter les Industriels Agroalimentaires (IAA), celle concernant les matériaux apparaît comme particulièrement complexe et floue. Comment aborder un sujet qui prend de l’importance, lorsqu’on ne cerne pas les obligations de nos fournisseurs de celles qui nous incombent ? Le but de notre intervention est simplement de :

– vous éclairer sur votre responsabilité, en tant qu’utilisateur d’emballages/matériaux,

– vous exposer brièvement l’architecture de la réglementation française et européenne,

– vous détailler la raison d’être de la Déclaration de Conformité. […]

Par: Laurent SLUSAREK, Directeur commercial, Groupe CARSO et Fabien RIERA, Ingénieur Chargé d’Affaires, Laboratoire PURE ENVIRONNEMENT

14h35 – 15h05: Nouveaux outils de maîtrise des contaminations environnementales en industrie alimentaire

Maîtriser les risques de contamination de l’environnement de production, c’est protéger la qualité des produits et la santé des clients. En effet, de nombreux microorganismes pathogènes ou d’altérations […] s’implantent dans l’environnement et sont à l’origine de contamination des aliments. Devenue une exigence dans la réglementation et dans les différents référentiels, la mise en place des programmes environnementaux afin de garantir la sécurité des environnements de production est incontournable pour tous les industriels. Cette présentation déclinera les nouveaux éléments de diagnostic et de maîtrise du risque de contamination environnementale, des nouvelles analyses jusqu’aux solutions digitales.

Par: Christophe DUFOUR, Directeur Scientifique Europe, Mérieux NutriSciences

15h10 – 15h40: L’usage attendu, application au marché de la RHD

Les démarches réglementaires (HACCP) , normatives volontaires (ISO 22000, ISO 9001,..) ou normatives dans le cadre d’une sous-traitance (IFS,..) spécifient que l’usage attendu, l’usage raisonnablement prévisible ou la qualité attendue soit identifiés par le professionnel. Après une revue rapide des exigences, l’utilisation de la méthode sera déclinée pour le secteur de la RHD. Cas pratique des informations concernant les allergènes.

Par: Philippe BAGUET, Président de SAPITA sas.

15h45 – 16h15: Food defense : contexte, méthodes d’évaluation et bonnes pratiques

La notion de food défense s’impose aujourd’hui dans tous les référentiels et s’intègre dans les démarches globales de maîtrise des risques auxquels sont confrontées les industries agroalimentaires. Le triptyque Food safety, food defense et food fraud est en effet aujourd’hui au cœur des préoccupations des industriels alimentaires. Après une rapide synthèse du contexte réglementaire et normatif (IFS, BRC, ISO TS 22002-1, …) de la food defense, nous présenterons les méthodes à la disposition des entreprises pour évaluer les menaces et la vulnérabilité de leur activité. Nous présenterons pour terminer des exemples pratiques de mesures à mettre en place sur la base des documents existants (guide DGAL, Guide méthodologique AFNOR, …).

Par: Catherine LEVESQUE et Sylvie PERRET, Conseillères en développement technologique, CRITT Agroalimentaire PACA

16h20 – 16h50: Evaluez vos Risques dus aux Nuisibles

L’objectif de cette session est de permettre aux responsables qualité et responsables de site d’évaluer les risques liés aux nuisibles. Au travers d’une grille de questions qui seront expliquées aux cours de la présentation, les participants pourront ainsi évaluer les risques pour leur activité ainsi que les forces et faiblesses de leur plan de lutte. A la fin de la session, chaque participant aura les éléments pour pouvoir mettre en place son propre plan d’amélioration de la surveillance et de la lutte contre les nuisibles dans son usine.

Par: Michel RAMPAUD, Business Excellence, Bayer France

16h55 – 17h25 Plan de contrôle microbiologique dans les Fruits & Légumes et dérivés et prévention du risque sanitaire.

Par: Sophie DUSSARGUES, Laboratoire Phytocontrol.

  • Mercredi 12 octobre 2016

9h35 – 10h05: Les Français et la sécurité alimentaire

Etat des lieux sur les tendances de consommation, en revenant notamment sur les scandales alimentaires de ses dernières années et le besoin de réassurance croissant des Français envers les produits frais. Présentation en exclusivité les résultats d’une étude OpinionWay pour BIZERBA sur les préférences de consommation des Français envers les produits frais. Puis, présentation des solutions concrètes d’inspection/détection et logicielles pour répondre à ses besoins/attentes. […] 

Par: Francis Pautonnier, Responsable Grands Comptes BIZERBA.

10h10 – 10h40: Contrôle qualité des matières premières et produits finis par séquençage NGS

Identification exhaustive des espèces végétales et animales en mélange dans un produit. Approche semiquantitative.

Par: Fabienne Moreau, Directrice Associée, ADNid – société du groupe Qualtech

11h20 – 11h50: Concernés par les Levures Saccharomyces et autre brettanomyces dans vos boissons ? PALL vous apporte de nouvelles solutions pour les détecter et les quantifier au plus tôt! Les boissons et notamment les vins voyagent de plus en plus. Il est impératif de garantir la stabilité des productions dans le temps et donc de surveiller le status microbiologique avec précision. PALL, acteur majeur en filtration vous présente ses dernières méthodes microbiologiques rapides GeneDisc, basées sur la qPCR multiplexe. Il devient possible de détecter précocement les produits altérés et d’en identifier la(es) cause(s) microbiologiques, sécuriser vos expéditions en Chine ou en Amérique latine si vous êtes fabricant, vérifier la qualité des productions achetées si vous êtes distributeur.

Par: Vincent ULVE Chef de projet R&D Genedisc

11h20 – 11h50: Comment assurer la sécurité alimentaire en maîtrisant l’aérobiocontamination ?

La contamination de l’air en industrie agroalimentaire est un enjeu indispensable pour garantir la qualité des produits finis et la sécurité alimentaire. Elle doit être surveillée et contrôlée, tout comme l’hygiène des surfaces. La maîtrise de la qualité de l’air passe d’abord par une méthodologie de travail structurée et adaptable. Les cartographies aéraulique et microbiologique de l’environnement permettent non seulement une surveillance efficace, mais également de déterminer les traitements de l’air les plus adaptés. Quels moyens de contrôle et de maîtrise de la contamination de l’air permettent de répondre aux enjeux de la sécurité alimentaire ?

Par: Laure SEYDOUX, Chargée de projet marketing, LCB food safety

Et après?

Pour ceux d’entre vous qui auront participé à cet événement cette année ou les précédentes, en tant que visiteur ou exposant, j’aimerais connaître votre avis.

L’avez-vous trouvé intéressant? Quelles ont été vos impressions? Quelles conférences ou rencontres avez-vous préféré? Qu’en retiendrez-vous? 

Je rappelle aux lecteurs qui ne me connaîtraient pas encore, que j’écris bénévolement et que ce blog est personnel. Cela me permet de donner librement mon opinion. Je suis donc forcément subjective: vos commentaires serviront à donner des informations plus complètes aux internautes.

 

 

De la fourche à la fourchette: ce que contrôlent VRAIMENT les Services Officiels, et les dessous de leur grille d’audit

Qui contrôle les professionnels de l’alimentation?

Votre supermarché, votre artisan préféré, leurs fournisseurs, l’agriculteur du coin, ont un point commun: ils sont systématiquement déclarés et peuvent subir des contrôles par la Direction (Départementale) de la Protection des Populations (D.D.P.P.). Cette Direction rassemble, depuis 2010, les anciens « Services Vétérinaires » et les « Fraudes » (D.G.C.C.R.F.).

Il existe par ailleurs le Service de Santé des Armées, qui dépend du Ministère de la Défense et qui exerce une activité similaire au service d’établissements bien spécifiques. Nous allons surtout parler ici de la D.D.P.P.

Les contrôles ont-ils toujours lieu sur dénonciation par un consommateur mécontent?

Bien sûr que non! La dénonciation n’est qu’un cas parmi beaucoup d’autres.

La D.D.P.P. réalise de nombreux contrôles, par exemple:

  • à l’ouverture d’un nouvel établissement
  • en cas de changement important relatif à cet établissement: modification de l’activité, des locaux, …
  • sur demande de l’exploitant
  • en cas de suspicion d’intoxication alimentaire
  • pendant les saisons à risques
  • dans le cadre de contrôle de routine
  • etc.

Les contrôles de routine sont-ils réguliers?

Non, pas forcément. La D.D.P.P. décide elle-même quand elle reviendra. Elle peut ne pas passer pendant plusieurs années, ou contrôler un établissement chaque semaine!

Les contrôles sont-ils inopinés?

Généralement, oui. Il est très rare qu’un vétérinaire s’annonce à l’avance. Lorsque c’est le cas, ce n’est pas forcément facilitant pour l’entreprise auditée: le moindre écart est alors considéré comme un réel manque de maîtrise.

Un professionnel peut-il refuser un contrôle ?

Non.

Existe-t-il des certifications (ISO, …) qui dispensent l’entreprise des contrôles officiels?

Non. Tout au plus, les certifications apportent des garanties supplémentaires aux parties prenantes de l’entreprise (clients, …) et leur préparation est motivante en interne.

Que peuvent contrôler les inspecteurs?

C’est officiellement annoncé à l’avance: il existe une grille de contrôle standardisée. Elle comprend une base de chapitres:

  • Identification de l’établissement
  • Locaux et équipements
  • Maîtrise de la chaîne de production
  • Traçabilité et gestion des non-conformités
  • Gestion des déchets, des sous-produits animaux et des eaux usées
  • Gestion du personnel
  • Et un chapitre dédié à l’élevage

Chaque chapitre comprend un certain nombre d’items. Par exemple, celui des « locaux et équipements » regroupe ceux-ci:

  • Conception de l’établissement
  • Plans et circuits de l’établissement
  • Equipements adaptés à la production et engins de transport
  • Lutte contre les nuisibles
  • Maintenance
  • Nettoyage-désinfection des locaux et équipements

Chacun de ces items comprend des sous-items plus détaillés. Il existe un vade-mecum diffusé par la D.G.A.L. (Direction Générale de l’Alimentation), puis différentes lignes directrices par type d’activité, que la D.G.A.L. présente également sur son site.

Pour chaque (sous-)item, l’inspecteur doit indiquer:

  • « Conforme« . Cela inclut l’existence éventuelle de défauts minimes.
  • « Non-conformité mineure« : non conforme mais sans risque pour le consommateur. A corriger, tout de même, avant que cela ne prenne plus d’ampleur.
  • « Non-conformité moyenne« : non conforme avec un risque pour le consommateur. Il s’agit soit d’un risque de gravité moyenne mais isolé, soit d’une multitude de risques de faible gravité.
  • « Non-conformité majeure« : non conforme avec risque immédiat pour le consommateur. Il s’agit d’un risque grave mais isolé ou d’une multitude de risques de gravité faible à moyenne.
  • « Sans objet« , lorsque l’item ne concerne pas l’établissement.
  • « Pas observé« , lorsque l’inspecteur n’a pas audité cet item.

Les rapports prévoient en outre un espace pour que l’inspecteur explique exactement la non-conformité. L’établissement devra ensuite y remédier dans les délais qui lui seront donnés ou, en l’absence d’indication, le plus rapidement possible. Idéalement, il informera la D.D.P.P. de son plan d’actions.

Malgré cette standardisation avancée, il existe encore des variables:

  • Humaines. Les inspecteurs, tout comme les auditeurs du privé, peuvent avoir tendance à contrôler davantage certains items en fonction de leurs habitudes, de leurs domaines de prédilection (propreté, traçabilité, …), des actualités, etc.
  • Historiques. Lorsqu’un précédent contrôle a relevé des non-conformités, il est évidemment probable que les interventions ultérieures s’y intéresseront à nouveau.

L’inspecteur ne reproche rien au professionnel inspecté, cela signifie-t-il que l’établissement est 100% conforme?

C’est une bonne garantie, mais ce n’est pas une certitude. Un inspecteur peut très bien n’avoir pas vu une non-conformité, par exemple lorsqu’elle n’apparaît pas lors de son intervention, ou parce qu’il s’est attaché à d’autres sujets à ce moment-là. Ce n’est pas pour autant qu’elle est tolérable. C’est à l’exploitant de connaître la réglementation et de l’appliquer, qu’il y ait contrôle ou pas.

Le professionnel inspecté reçoit un rapport indiquant des non-conformités, cela signifie-t-il que ses produits ne sont plus consommables?

Non, pas forcément. Un rapport peut relever des non-conformités sans pour autant fermer l’établissement ni retirer les denrées de la circulation (retraits, rappels, alertes). Si l’activité est encore autorisée, c’est que l’entreprise contrôlée doit « seulement » déployer un plan d’actions pertinent.

Alors, pourquoi existe-t-il malgré tout des intoxications alimentaires ou des scandales en rapport avec l’alimentation?

Le risque zéro n’existe pas, mais, de nos jours, la maîtrise de la sécurité des denrées alimentaires est tout de même plutôt bonne en France.

Peut-on consulter les résultats des contrôles officiels d’un établissement?

Les professionnels de l’alimentation et les organisations qui y ont recours ont d’ores et déjà l’habitude d’auditer leurs fournisseurs et/ou partenaires, en consultant notamment leurs derniers rapports d’inspection. Ils savent que qu’il est important de lire, ce n’est pas tant la liste des non-conformités que la réactivité de l’entreprise vis-à-vis de celles-ci. En revanche, le grand public n’y a généralement pas accès.

Dans certaines professions, on commence à proposer une transparence de ces contrôles pour le consommateur final. A mon humble avis, cette pratique comprend des avantages et des inconvénients:

  • d’une part, cela impose aux professionnels une pression constante et une forte exigence concernant leur maîtrise de l’hygiène. Cela répond aussi à une habitude de plus en plus généralisée des consommateurs d’évaluer ce qu’ils achètent. En matière d’alimentation, ils ont particulièrement besoin d’être rassurés car ils ont peu de moyens de contrôle des productions primaires, transformations et productions, et baignent de temps à autre dans un contexte médiatique anxiogène.
  • d’autre part, la méthode actuellement testée me semble manquer de rigueur. Les rapports ne sont pas continus (i.e. même si le professionnel corrige une non-conformité dès réception du rapport, il doit attendre le prochain contrôle, parfois longtemps après, pour que son niveau affiché change), ils ne sont pas tout à fait équitables (certains établissements peuvent être plus ou moins contrôlés que d’autres), et ne donnent pas les détails des non-conformités aux consommateurs. J’espère que ces points seront améliorés et qu’une communication suffisante sera prévue à ce propos.

Pour en savoir plus

Voir le site de la DGAL, au chapitre dédié à ce sujet, ainsi que la Note de Service D.G.AL. du 09/07/2015 relative à la Rénovation des outils et des suites de l’inspection: réf. DGAL/SDSSA/2015-584.