Adam, Ève et le développement durable

Osons le parallèle entre le jardin d’Eden et notre jolie planète.

Si les Chrétiens, par exemple, reconnaîtront ici une bonne application de la Parabole des Cinq Talents, qui recommande d’utiliser ses talents (en l’occurrence, ici, mes neurones), les athées trouveront dans cet article une interprétation quelque peu originale et personnelle d’un écrit ancien.

Je propose de relire temporairement l’histoire d’Adam et Ève comme une mise en garde pour la préservation de nos écosystèmes et les excès de la consommation.

Pour résumer le document original, Adam et Ève vivent dans un endroit paradisiaque: le jardin d’Eden. Celui-ci leur est confié pour le cultiver et pour le garder, à condition de ne jamais manger les fruits de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Comme on le sait tous, ils ont fini par se laisser tenter, sur les conseils d’un serpent. Il a fait consommer un fruit défendu de cet arbre -habituellement représenté chez nous par une pomme- à Ève, laquelle l’a fait goûter à Adam. Cela a provoqué la colère divine. Ils se sont vus chassés du paradis dans lequel ils vivaient jusque-là. La punition impacte leur descendance, qui n’y est pour rien mais qui devra en subir les conséquences (cf. le principe de péché originel). C’est à partir de ce moment que les humains sont obligés de travailler pour vivre, dans un environnement qui n’est plus un paradis. En résumé.

Et si c’était une métaphore?

Considérons un instant notre Terre comme un jardin d’Eden. Elle donne tout ce qu’il faut pour vivre, si on l’exploite correctement. Puis, remplaçons le mot « fruit » par n’importe quelle ressource de notre fantastique planète. Par exemple, une vraie pomme.

Les pommes, on en produit et on en mange presque tant qu’on veut, mais que se passerait-t-il si un jour, quelqu’un mangeait la DERNIÈRE pomme de la Terre? Et abattait les derniers pommiers? Cela nous ferait une ressource en moins. Il nous faudrait fournir davantage d’efforts pour subsister avec le reste.

Maintenant, remplaçons le mot « fruit » par « pétrole ». Nous dépendons encore fortement de cette ressource. Que se passera-t-il si nous en consommons trop, avant d’avoir suffisamment développé des sources d’énergie renouvelables? Il y aura des conflits (cela existe déjà), des injustices (des « riches » qui se permettront de le gaspiller tandis que d’autres en manqueront cruellement), et nous allons devoir recourir à d’autres ressources pourraient rendre notre vie moins agréable (pollution, risques industriels, augmentation du travail physique pour certains?). Et nos descendants, bien qu’innocents, devront en subir les conséquences. Ici, aujourd’hui, le pétrole est une sorte de fruit défendu. Et ce n’est certainement pas le seul. La biodiversité, selon le même raisonnement, en est un.

De la même façon, imaginons qu’Adam et Eve aient, non pas englouti la dernière pomme, mais étudié celle-ci en long, en large, et en travers, jusqu’à devenir capables de modifier ses gènes à partir des connaissances acquises. Cela vous rappelle quelque chose? Les O.G.M., bien sûr. De la même façon que précédemment, il existe un risque d’aller trop loin, de bouleverser l’écosystème définitivement et de devoir faire vivre nos descendants dans un milieu plus hostile que le nôtre.

Ce texte rappelle donc qu’un trésor nous est confié. Nous pouvons l’exploiter pour en vivre. Nous avons une grande liberté, et peu de garde-fous hormis notre intelligence humaine. Nous avons la responsabilité d’adopter un comportement approprié, sans quoi, nous et notre descendance devrons en payer les conséquences. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas croquer de pommes, ni rien consommer, ni éviter de développer des connaissances. Cela interpelle simplement notre éthique, en reliant notre liberté et le monde dans lequel nous vivons.

Pour les théologiens, bien sûr, cette interprétation est un petit jeu de l’esprit dans un sujet de réflexion éminemment plus vaste. Par exemple, on pourrait disserter longuement sur ce qu’est « l’arbre de la connaissance ». Et ils vous donneront des interprétations aussi variées que leurs convictions. Je compte sur vous, chers lecteurs, pour respecter celles de chacun dans vos éventuels commentaires.

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