Pourquoi toutes vos recettes devraient mentionner le « T » des farines

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi certaines farines sont de type « T65 » ou « T45 »?

Si vous faisiez calciner de la farine dans un four à 900°C, il resterait, à la fin, des cendres. Le « T » ou « Type » de farine, correspond à leur proportion de ces substances non combustibles. Il est exprimé, non pas en pourcentage, mais en « pour 10 000 ». Par exemple, 1Kg une farine de type « T45 » contient typiquement 4,5g de cendres minérales.

A quoi cette classification sert-elle?

Concrètement, plus le « T » diminue, plus votre farine est blanche; plus il augmente, plus votre farine est complète:

  • La T45 est une farine blanche plutôt destinée à la pâtisserie;
  • La T55 est une farine blanche utilisée dans la confection du pain blanc;
  • La T65 est une farine blanche pour les pains « de campagne » ou « tradition »;
  • La T80 est dite « bise » ou « semi-complète », pour les pains du même nom;
  • La T110 est carrément une farine complète, donc pour le pain complet;
  • La T150, alors là ça ne rigole plus. C’est de la farine « intégrale » pour… Vous l’avez deviné, le « pain intégral ».
  • La T180 est une farine à l’ancienne.

Les farines complètes lèvent moins que les farines blanches.

Pourquoi les « T » élevés sont-ils tant appréciés par les magasins BIO?

Plus la farine est complète, plus elle est riche en son et proche de l’état naturel. Elle est donc plus susceptible de contenir des pesticides. C’est pourquoi, il peut être rassurant de les choisir BIO ou issues de modes de production responsables.

Pour ceux qui s’intéressent de près à la fabrication de la farine, je vous conseille le site de la Meunerie Française qui offre un bon résumé assorti de schémas.

Dans quelles farines trouve-t-on le plus de gluten?

Reprenons la présentation depuis le départ, ce sera plus clair.

Le grain de blé est entouré d’enveloppes. De l’extérieur vers l’intérieur, on les appelle le péricarpe, le tégument (ou testa, ou spermoderme) et l’épiderme (ou nucelle, ou bande hyaline).

 

Dans ces enveloppes, il y a la graine, c’est-à-dire une enveloppe (encore), l’albumen et l’embryon du blé.

L’albumen constitue la partie la plus volumineuse de la graine. Il est rempli d’amidon, lequel permettra d’obtenir de la farine. Celui-ci est enchâssé dans une matrice de 15 à 20% de protéines dites cytoplasmiques (albumines, globulines), et 80 à 85% de gluten ou protéines de réserve (gliadines et gluténines). 

[Pour mieux visualiser ces termes, voici un bon schéma ici].

Donc le gluten, c’est cela: deux types de protéines. Si vous arrivez à caser gliadines et gluténines dans une discussion anodine, je vous adresse toutes mes félicitations.

La transformation du blé permet de conserver plus ou moins d’enveloppes. Plus on les conserve, plus on obtient des produits finis riches en son. Moins on en a, forcément, et plus la farine est proportionnellement riche en gluten.

Le gluten est très intéressant dans l’agro-alimentaire, car il apporte de l’élasticité aux pâtes malaxées. Il rend les produits céréaliers cuits plus masticables. Les gliadines peuvent donner de l’extensibilité, de la viscosité et de la plasticité aux pâtes. Les gluténines améliorent leur ténacité et leur élasticité. Ces paramètres vont influencer le piégeage des bulles de dioxyde de carbone (CO2) dégagées sous l’action des levures, et vont donc donner une pâte plus ou moins levée, un produit plus ou moins « léger », alvéolé.

Les consommateurs intolérants au gluten doivent donc se tourner vers des produits alternatifs. Leur défi habituel est d’obtenir des aliments et préparations appétissants à partir d’autres ingrédients.

 

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