« Plus on est gros, plus on est bête. »

Vous croyez avoir mal lu? Non. C’est mot pour mot une phrase extraite d’une conversation de jeunes gens, diplômés d’une école prestigieuse (pas en rapport avec l’alimentation ni la médecine, heureusement). Quelqu’un a même ajouté: « surtout les femmes » (!). Comme quoi, on peut être sélectionné pour ses capacités tout en restant ignare sur certains sujets. On peut se moquer de cette réflexion, mais elle me semble suffisamment dangereuse pour mériter d’en parler. Voici donc quelques « quick wins » pour étayer les éventuels débats sur ce sujet.

La corpulence a tendance à refléter le niveau social

D’après l’INSEE (voir ici et résumé ici): « La corpulence augmente avec l’âge et diminue avec le niveau d’études, et les variations sont beaucoup plus importantes pour les femmes. Elle diminue avec le revenu pour les femmes, mais augmente pour les hommes. Le sous-poids est essentiellement féminin tandis que le surpoids est une situation plutôt masculine. Enfin, les femmes sont dans l’ensemble moins corpulentes que les hommes, mais elles sont plus nombreuses dans les cas d’obésité les plus sévères. »

Ce serait valable aussi chez les enfants où « Le risque de surpoids, mais surtout d’obésité, est d’autant plus fort que le niveau d’études des parents est faible« .

Les raisons? Nous en parlerons certainement dans un autre article.

Le niveau social reflète-t-il l’intelligence?

Je vais citer ici un blog intéressant, Les tribulations d’un petit zèbre: « Il y a statistiquement les mêmes proportions d’enfants (T)HQI [N.D.L.R.: « (T)HQI » = (Très) Haut Quotient Intellectuel] dans tous les milieux, dans toutes les ethnies, dans toutes les cultures, tous les pays, à savoir un peu plus de 2%. Idem pour le ratio filles / garçons qui est identique !
Il est par contre plus facile de détecter un EIP [N.D.L.R.: « EIP » = Enfant Intellectuellement Précoce] dans une famille qui sera attentive au bien-être de l’enfant &/ou qui aura les moyens financiers de faire pratiquer un bilan (de même que dans les pays les plus pauvres, on peut comprendre que la priorité des familles ne soit pas à l’identification des enfants HPI) » [N.D.L.R.: « HPI » = Haut Potentiel Intellectuel].

Donc, il y aurait autant d’enfants particulièrement intelligents chez les « riches » que chez les « pauvres » mais plus de « gros » chez les « pauvres » (je mets des guillemets car la notion de richesse ou de pauvreté est ici un raccourci grossier). Puis, en grandissant, cela se complique. Aujourd’hui, on estime que la réussite scolaire est plus difficile pour les enfants de parents peu diplômés que pour les autres. Or, l’ascenseur social en dépend fortement. Par exemple, si vous êtes un enfant surdoué dans un milieu modeste, vous avez davantage de risques de quitter le système scolaire prématurément que si vous vivez dans un milieu plus confortable, comme le résume si bien l’article de Mme Adda ici. Ajoutons que si vous êtes un enfant surdoué issu d’un milieu peu aisé, vous risquez d’être un jour en surpoids (pour une femme) ou en sous-poids (pour un homme) et donc exposé aux discriminations entravant l’ascension sociale. Il ne s’agirait que d’un risque, pas d’un déterminisme.

S’il faut de réelles capacités pour faire de bonnes études, l’inverse n’est pas toujours vrai. Une personne (sur)douée peut n’avoir pas pu faire d’études et en particulier dans les filières valorisantes, pour de multiples raisons: difficulté à envisager, choisir et se faire sélectionner par les bonnes filières, nécessité de stopper prématurément les études au profit d’un travail immédiat, etc. Ainsi, elle a plus de chances d’appartenir à une catégorie socio-professionnelle plus « basse », et donc à en adopter les caractéristiques, le mode de vie et… L’apparence.

Le surpoids et l’obésité sont multifactoriels

Les préjugés et les sur-simplifications sont encore monnaie courante.

On croit encore trop souvent qu’une personne est en surpoids ou obèse seulement « parce qu’elle mange trop ». Parfois, c’est le cas, parfois, non. Et lorsque ça l’est, on oublie de se demander pourquoi l’individu mange trop. Est-ce uniquement par manque de connaissances diététiques, ou de volonté? Quant aux individus trop maigres, on croit parfois qu’il leur suffit de « faire un effort pour manger plus » pour grossir, alors que ce n’est pas toujours si facile.

On sait aujourd’hui que le manque de sommeil augmente les risques d’obésité (voir ici), à la fois parce qu’il perturbe le métabolisme et parce qu’il pousse à manger, trop et mal. Même combat avec le stress et toutes sortes de causes psychologiques (voir notamment ici et ici).

La science, depuis quelques années, met en évidence et suspecte encore de nombreuses autres causes de surpoids ou d’obésité: l’environnement -dont les perturbateurs endocriniens-, les médicaments, l’hérédité, différentes maladies, … Parmi ces causes, certaines peuvent être traitées et d’autres sont plus difficiles à gérer.

Bref, sortez une personne de sa vie habituelle et plongez-la durablement dans un milieu plus/moins difficile, plus/moins stressant, plus/moins valorisant, où l’on manque/ne manque plus de sommeil, où l’offre alimentaire ou celle des conseils et des soins est différente, soumettez-la à certains médicaments ou libérez-la de ceux-ci et… Sa silhouette risque fort de changer.

Soyons clairs: on peut mener une vie tout à fait épanouissante, équilibrée, saine et valorisante sans appartenir aux catégories sociales les plus élevées ou être mince, de même que l’on peut être un cadre haut placé et très exposé au stress, au manque de sommeil (pensez par exemple au décalage horaire pour les gens qui voyagent beaucoup), aux maladies et médicaments, aux problèmes psychologiques, etc. C’est certainement une question à la fois de chance, d’approche personnelle et de « bonne gestion de vie« . Je rappelle aussi qu’il n’existe pas deux, mais une multitude de catégories sociales.

Avant de passer au paragraphe suivant, puis-je me permettre un peu d’ironie? Je vous ai déniché ici une photo d’anciens élèves de Harvard. Regardez bien: vous les trouvez tous minces?

L’expression de l’intelligence est soumise à de nombreux facteurs

En mars 2014, l’article de Pour la Science intitulé Le handicap des enfants abandonnés décrivait le drame vécu à l’époque de Ceausescu en Roumanie. La politique et l’économie de l’époque ont généré de nombreux orphelins, accueillis dans des établissements démunis et lugubres. Cet article montrait que dans ces conditions, le développement intellectuel des enfants était littéralement étouffé. Lorsqu’ils étaient adoptés avant l’âge de deux ans, leur retard était rattrapé et leur intelligence était similaire à celle du reste de la population. Après cet âge, faute d’un environnement propice, les facultés mentales étaient définitivement altérées.

Ainsi, le développement de l’intelligence se ferait d’autant mieux que l’individu se positionne haut dans la pyramide de Maslow. Ensuite, vous avez certainement remarqué qu’elle s’épanouit plus volontiers dans un contexte qui lui est propice, plutôt que dans un climat d’insécurité, de violence, de faim, etc.

Que disent les statistiques?

Difficile de trouver des chiffres. J’ai déniché cette étude (ici) qui relève que les surdoués seraient un peu plus enrobés que la moyenne. Il en existe d’autres qui soulèvent que les surdoués seraient davantage exposés au stress, à l’anxiété, aux problèmes relationnels, à l’exclusion sociale (encore du stress). Or, comme dit plus haut, ces facteurs pourraient être à l’origine d’une variation de poids. Je n’ai donc pas trouvé d’étude sérieuse qui relie strictement la corpulence et l’intelligence.

Chers lecteurs, n’hésitez pas à en citer dans les commentaires. Je suis personnellement en train de lire Sociologie de l’Obésité, de J.-P. Poulain. C’est fort intéressant, je vous en ferai un résumé prochainement. Je recommande également le site de l’Observatoire des Inégalités, très parlant.

Conclusion

Vous pouvez avoir l’impression de voir davantage de personnes minces chez celles qui vous semblent intelligentes, parce qu’un Q.I. élevé prédispose à de bonnes études (encore que… Un Q.I. particulièrement élevé peut aussi handicaper les études) et donc à l’appartenance à un milieu aisé, lequel favorise la minceur chez les femmes… Mais la prise de poids des hommes. Ce phénomène masculin pourrait d’ailleurs être en train de changer.

Cette impression est donc à considérer avec BEAUCOUP de précautions. Il semble exister suffisamment de cas particuliers pour qu’il soit dangereux d’en faire une généralité.

Bref, on dirait bien que le petit prince de Saint-Exupéry avait raison: « l’essentiel est invisible pour les yeux« …

 

 

 

 

 

D’où vient cette mode du « sans lait » et du « sans gluten »?

Je vais vous avouer un secret. 

A force d’avoir étudié les aliments et leur transformation, je peux, pour la plupart d’entre eux, donner des arguments en faveur de leurs bénéfices pour la santé ou de leurs effets délétères.

Un sujet est à la mode depuis quelques années: faut-il consommer sans lait et sans gluten, même si l’on est en bonne santé? Autant demander à des Bretons de s’accorder sur la différence entre une crêpe et une galette: chacun a sa réponse, et on n’a pas fini d’en parler.

Aujourd’hui, trop de gens expriment une opinion, parfois très tranchée, sans même avoir lu les lectures de base qui s’y rapportent. Par exemple, vous entendrez certainement parler de l’ouvrage du Dr Seignalet: L’alimentation ou la troisième médecine. Vous pouvez généralement le trouver dans vos bibliothèques municipales. Je vous en propose ici un « résumé-discussion ». A vous ensuite de creuser pour vous forger votre propre avis.

Concrètement, ce livre comprend 554 pages. L’auteur semble avoir conscience de la barrière que représente ce volume pour certains lecteurs, aussi commence-t-il par un chapitre résumant les principales idées abordées dans chacun des suivants. C’est très pratique, notamment pour foncer directement sur ce qui vous intéresse. Ensuite, il alternera des explications scientifiques et ses propres théories dans des chapitres bien distincts, ce qui facilite la lecture. Les parties scientifiques sont indispensables pour bien comprendre ses thèses. Je dois avouer que rien ne m’insupporterait plus qu’un interlocuteur qui m’ordonnerait: « faites-moi confiance, c’est moi le médecin« . JUSTEMENT, moi, j’attends qu’un érudit soit capable de vulgariser sa science à mon niveau. « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup« , affirment certains politiques actuellement… Par conséquent, ici, j’ai particulièrement apprécié qu’il sache résumer des notions complexes. J’avoue que par moments, j’étais bien contente d’avoir un solide bagage en biologie, mais la lecture me semble quand-même accessible aux néophytes.

Il entame justement son sujet par un cours détaillé sur l’intestin grêle et de son fonctionnement. Ce chapitre est important pour comprendre pourquoi la perméabilité de celui-ci peut varier, ce qui permettra de comprendre la suite.

Puis, il compare l’alimentation ancestrale à celle que nous avons actuellement. Il identifie des différences importantes: la consommation de céréales domestiques, celle de laits animaux et de leurs dérivés, la cuisson, l’évolution de la préparation des huiles, l’existence de pollutions des aliments, et les risques de carences en vitamines et minéraux. Il accuse ces évolutions d’être responsables de nombreuses maladies. Il estime que nos organismes n’ont pas encore pu s’adapter à certaines d’entre elles, que l’adaptation sera encore très longue voire impossible.

Il présente ensuite des régimes alimentaires préconisés par ses pairs (Kousmine, Burger, Fradin) puis le sien. En résumé:

  • il interdit: blé, seigle, orge, maïs, avoine, pain d’épeautre, laits animaux et leurs dérivés (beurre, fromage, crème, yaourts, glaces), sel et sucre blancs raffinés, chocolat au lait, confitures, huiles raffinées, margarines, bière et conserves.
  • il déconseille: les aliments cuits à plus de 110°C, dont charcuteries, viandes et poissons cuits, foie, rognons, œufs trop cuits, huiles et oléagineux cuits.
  • il recommande les cuissons brèves, à l’étouffée ou en vapeur douce.
  • il autorise les viandes et charcuteries crues, les œufs et poissons crus ou cuits modérément, les crustacés, fruits de mer, produits fumés (avec modération), les légumes verts ou secs, le soja, les crudités, les fruits frais ou secs, les oléagineux crus, le miel, les pollens, le riz, le sarrasin, le sésame, le chocolat noir (modérément), les graines germées de céréales ancestrales et légumineuses, les huiles obtenues par première pression à froid, le sel et le sucre complets, l’eau du robinet et les eaux minérales, la chicorée, les infusions, le café et le thé (modérément) et même l’alcool (pas trop non plus hein), sauf la bière.

Il complète ce tableau par des préconisations détaillées, par exemple celle de privilégier les aliments bio, respecter une certaine frugalité, avoir une bonne hygiène de vie générale (arrêt du tabac, pratique de sports…). Il recommande la prise de compléments alimentaires.

Les chapitres suivants donnent des rappels de génétique puis les 15 facteurs extérieurs qui, après la génétique, pourraient influencer l’apparition de maladies (radiations, polluants, stress…) parmi lesquels l’alimentation aurait un rôle prépondérant.

L’auteur poursuit avec:

  • des rappels d’immunologie puis une présentation des maladies en rapport avec celle-ci: certaines polyarthrites, la spondylarthrite ankylosante, des rhumatismes,  l’arthrite chronique juvénile, le lupus érythémateux disséminé, la sclérodermie, la dermato-myosite, la fasciite de Shulman, la maladie de Basedow, la thyroïdite de Hashimoto, la sclérose en plaques, la maladie coeliaque, l’hépatite chronique active, certaines neuropathies, le diabète sucré insulinodépendant
  • des rappels de chimie et physiologie cellulaire, puis sa théorie de l’encrassage et les pathologies qui, selon lui, en découlent. En résumé, selon lui, diverses substances peuvent s’accumuler dans votre corps et provoquer des dysfonctionnements. Les maladies dues à ce phénomène seraient notamment la fibromyalgie, certaines tendinites, l’arthrose, l’ostéoporose, la dépression nerveuse endogène, la schizophrénie, la maladie d’Alzheimer, celle de Parkinson, le diabète de type 2, l’hypoglycémie, l’hypercholestérolémie, le surpoids, l’obésité, l’athérosclérose, le glaucome, le vieillissement prématuré, les cancers et leucémies, et j’en passe.
  • puis il aborde sa théorie de l’élimination: pour lui, lorsque l’organisme cherche à se débarrasser de déchets, cela peut provoquer également des désordres significatifs. Il détaille notamment la colopathie fonctionnelle, la maladie de Crohn, l’acné, le psoriasis, l’eczéma, les infections O.R.L. à répétition chez les enfants, la rhinite et la sinusite chroniques, le rhume des foins, les conjonctivites allergiques, les aphtes, la fatigue chronique, etc.

Pour chacune de ces maladies, il présente les mécanismes en jeu selon lui, et les effets de son régime hypotoxique sur celles-ci. Il y voit des succès francs voire spectaculaires dans la plupart des cas et le plus souvent dans les trois premiers mois, ainsi que quelques cas d’échecs francs, alors que seulement 10% d’intermédiaires présentent une réponse partielle à ce régime. Parmi les grands succès, il y a notamment la polyarthrite rhumatoïde, la sclérose en plaque, la dépression endogène, l’hypercholestérolémie, le surpoids, l’acné, le rhume des foins. Par ailleurs, le changement nutritionnel n’aurait aucun effet du tout sur certaines maladies telles que la narcolepsie ou le diabète de type 1, bien qu’il espère une action préventive.

L’auteur s’intéresse ensuite à la mise en oeuvre opérationnelle de son régime hypotoxique. Il explique notamment que celui-ci, pour avoir les effets escomptés, doit être strictement suivi. D’après lui, s’il n’est appliqué qu’à 90%, le bénéfice n’est que de 50%. Il rassure le lecteur sur le budget de cette alimentation, sur les risques de carence. Il juge que pour qu’un tel régime soit correctement suivi à long terme, il faut que le patient soit intelligent, et/ou confiant dans son médecin, et doté d’une volonté suffisante. Plus loin, il aborde la question de la micronutrition et la nécessité de prendre des compléments alimentaires. Enfin, il présente des considérations autres qu’alimentaires, et notamment les relations entre alimentation et développement durable.

Voilà pour la lecture de l’ouvrage à proprement parler. Pour que cet article soit aussi objectif que possible, je vais aussi en faire une critique.

  • Concernant les auteurs

Le corps médical estime que les propos du Dr Seignalet ne sont pas encore prouvés. Ce que j’en vois à ce jour, c’est que ses hypothèses ne sont à ce jour ni scientifiquement confirmées, ni vraiment réfutées (lecteurs, n’hésitez pas à commenter cet article si vous pouvez apporter des compléments intéressants – si possible, mettez des liens vers vos sources).

De plus, ses pairs craignent que ses prises de positions n’incitent les patients à retarder leurs traitements médicaux en cas de mauvaise lecture de l’ouvrage. Ceux qui l’auront lu constateront heureusement que le Dr Seignalet ne s’oppose pas aux soins habituels, lorsqu’une maladie apparaît. Il affirme au contraire travailler avec les médecins traitants de ses patients, en respectant leurs choix. Dans la plupart des cas, les traitements médicaux habituels sont maintenus. Parfois, ils sont arrêtés, soit contre l’avis des médecins -y compris de l’auteur-, soit après une rémission partielle ou totale.

Enfin, le corps médical reproche au Dr Seignalet de n’avoir jamais publié ses résultats concernant le régime hypotoxique, alors qu’il a correctement publié le fruit d’autres études. Or, la publication est une étape importante en recherche, car elle implique une relecture des expérimentations et de leurs résultats par des tiers. Elle valide la force scientifique de la théorie en l’exposant aux critiques.

Par ailleurs, la préface est rédigée par le Dr Joyeux. Ceux d’entre vous qui suivent l’actualité le concernant savent qu’il vient d’être radié de l’Ordre des Médecins pour avoir (mal) mené une lutte contre certaines vaccinations imposées (cf. résumé sur Wikipedia).

  • Concernant le régime préconisé

Je ne trouve pas qu’il soit aussi facile à suivre qu’il l’affirme, notamment socialement. Il interdit de nombreux aliments qui sont à la base de l’alimentation française. Les quelques menus proposés me semblent manquer de sucres lents. Je me mets à la place du lecteur suffisamment convaincu pour suivre ses préconisations: si je les suivais strictement, je sais d’expérience que je perdrais une bonne partie de mon énergie. Quand je parle d’énergie, je parle d’efficacité au travail, d’intérêt dans ma vie personnelle, de bonne humeur générale, de capacité de résolution des problèmes courants, etc. En outre, en réduisant mon choix d’aliments possibles, ce mode d’alimentation risque de me faire manger plus souvent la même chose et ainsi, de courir d’autres risques. Enfin, d’une façon plus globale, respecter scrupuleusement ses consignes implique, dans la plupart des milieux, d’informer son entourage sur le suivi de ce régime. Cela expose l’individu à devoir se justifier régulièrement auprès d’un auditoire parfois peu réceptif voire réfractaire, ou ne fréquenter que d’autres personnes similaires. La justification est aisée pour celui qui présente une pathologie avérée telle qu’une intolérance au gluten, confirmation médicale à l’appui, mais c’est plus difficile à gérer pour une personne en bonne santé qui cherche juste à le rester. Par exemple, lors d’une invitation chez des amis, cela impose de venir avec son propre repas ou d’informer la personne qui cuisine de ce que l’on peut ou ne peut pas consommer.

De plus, étrangement, les compléments alimentaires sont présentés comme faisant partie intégrante de ce mode d’alimentation alors que les autres produits très transformés, industriels, sont plutôt bannis. Il me semble, personnellement, que l’on devrait plutôt rechercher une façon de s’alimenter satisfaisante à partir des aliments bruts.

  • Concernant les expérimentations

Il y a un point qu’il aborde lui-même page 500, c’est que pour prouver l’efficacité d’un remède, il faut l’appliquer en simple aveugle (certains patients le reçoivent, d’autres non, et aucun ne sait s’il a reçu le remède ou le placebo) ou en double aveugle (le médecin ne sait pas non plus ce qui est donné au patient). Cela permet d’éliminer l’effet placebo, celui du charisme du médecin, et certainement d’autres biais encore. Le Dr Seignalet explique dans l’ouvrage pourquoi il n’a pas retenu ces méthodes. Je comprends, notamment, qu’il ait voulu que tous ses patients soient soignés au plus vite; en revanche, ses résultats ne prouvent pas rigoureusement l’efficacité de ses préconisations. Il correspondent à mon avis à une première étape, qui ne sera réellement exploitable qu’après des travaux scientifiques appropriés.

  • Concernant la présentation de l’ouvrage

C’est ici que je serai la plus subjective. J’ai un esprit extrêmement scientifique, et… Beaucoup d’imagination. J’ai donc tendance à identifier en divers points, des failles dans le raisonnement, des hypothèses qu’il aurait fallu aborder et évincer avant de passer à la suite. Certains d’entre vous me trouveront affreusement rhétorique. Si vous êtes un convaincu, vous me répondrez: « oui, mais ce régime fonctionne sur ce que j’ai ». C’est à mon avis totalement compatible avec le fait que le raisonnement du Dr Seignalet dans cet ouvrage me semble encore incomplet. Les convictions personnelles sont des cas particuliers, qui peuvent être nombreux sans pour autant valider une théorie générale. L’auteur pourrait avoir considéré que ces points étaient si évidents pour lui qu’il n’était pas utile de les aborder ici. Cependant, la lectrice que je suis aurait eu besoin que ce travail soit fait. Là, il me laisse seulement l’impression d’avoir bâti un édifice sans consolider les fondations.

Par exemple, il estime que de nombreuses maladies actuelles sont apparues en même temps que certaines évolutions alimentaires. Or, pour moi, la concomitance n’est pas une preuve de lien de cause à effet. Elle permet de se douter d’un lien avec l’alimentation, mais d’autres explications pourraient être imaginées. Par exemple, la sédentarisation le regroupement progressif des populations dans des villages ou villes ont-t-ils favorisé certaines habitudes de vie (modes de consommation, promiscuité éventuelle avec les déchets ou certains animaux, …), ou le partage de microbes potentiellement responsables de ces pathologies?

Dans le même registre, il considère que le blé et le maïs sont trop nouveaux, voire mutés au fil de l’évolution, dans notre alimentation pour que nos organismes aient pu s’y adapter. De plus, il reproche à ces aliments d’être systématiquement consommés cuits, ce qui serait néfaste. En revanche, il tolère l’alcool dans le régime hypotoxique. Ce dernier n’est-il pas récent, lui aussi? De même, il ne reproche rien aux pommes de terre, que les européens ne consomment que depuis récemment et qui ne se mangent que cuites. Il valide la consommation de certaines viandes, alors qu’elles sont, elles aussi, très différentes de leurs équivalents ancestraux ou de ceux que l’on trouve encore dans certaines contrées. Depuis la nuit des temps agricoles, avant même l’invention des O.G.M., les humains croisent les meilleures bêtes pour obtenir des animaux qui répondent au mieux à leurs besoins. Pour vous faire une idée, pensez à un animal domestique: le chien. Il ne ressemble plus du tout à son ancêtre le loup. Appliquez le même principe aux vaches, chèvres, moutons, porcs… Vous me suivez? J’aurais aimé que le Dr Seignalet expose davantage les raisons pour lesquelles il fustige certains aliments plutôt que d’autres: les pages dédiées à ce sujet me semblent insuffisantes.

Pour rester dans le sujet de l’évolution, le lait et les produits laitiers sont interdits par son régime. Or, effectivement, il existe actuellement un débat sur ce sujet. Pour résumer, certains acteurs communiquent sur les bienfaits du lait et d’autres, sur les dangers qu’il représente. Cependant, il me semble que ce débat oublie généralement de rappeler que l’humanité a connu des épisodes de disette fréquents et parfois sévères. Il a pu être utile, voire important, de pouvoir consommer une large gamme d’aliments, y compris le lait, pour survivre lorsque certaines matières premières manquaient. Pour moi, les questions ne devraient pas se résumer au fait que le lait soit bon ou pas pour la santé, mais à s’interroger sur sa consommation et sa production idéales. J’espère pouvoir vous consacrer un article à ce propos une autre fois.

En tout cas, cet ouvrage me semble bien montrer que l’auteur est un médecin et non un professionnel de la recherche ou du secteur de l’alimentation, dans lequel je regroupe l’agriculture, l’agronomie, l’agroalimentaire et les services autour de ces secteurs. Par exemple, je désapprouve son paragraphe intitulé: « existe-t-il des dangers à manger cru?« . Je cite: « Les grandes toxiinfections alimentaires, survenant dans les collectivités, sont secondaires à l’ingestion de plats cuits contaminés par des staphylocoques ou des salmonellas provenant du cuisinier« . On sait aujourd’hui que de nombreuses intoxications alimentaires ne sont pas le fait des préparants, et/ou peuvent concerner des produits crus contaminés chez les fournisseurs de la restauration plutôt que par les brigades de cuisine. Par exemple, rappelez-vous des scandales alimentaires dus à la présence de E. coli dans des graines germées ou des concombres, pourtant crus et auxquels aucun cuisinier n’a touché. Ce n’est qu’une illustration parmi d’autres -il faudrait aussi que je vous prépare un article sur le sujet. Bien sûr, les cuisinants peuvent contaminer des aliments ou, par leurs pratiques, favoriser un développement de germes, mais il ne sont pas responsables de toutes les intoxications alimentaires. Si le principe de cuisson des aliments s’est à ce point généralisé dans l’humanité, c’est qu’il apporte aussi des bienfaits, notamment parce qu’il détruit des germes ou des toxines (de façon plus ou moins forte en fonction de l’intensité et du temps de cuisson, et de la nature du germe ou de la toxine) et permet une meilleure conservation des aliments. Je pense que ce qu’il faut seulement comprendre ici qu’il recommande la consommation d’aliments crus de bonne qualité et un respect scrupuleux de l’hygiène en collectivités.

Abordons ensuite la question de sa méthode. Le Dr Seignalet présente un régime alimentaire qui guérirait de très nombreuses maladies. Or, dans le passé, les panacées étaient très rares: en général, lorsqu’un élément avait un effet aussi marqué sur autant de pathologies, c’est qu’il était suspect. Dans le cas du régime hypotoxique, je pense que la clé réside dans les investigations futures qui seront faites à partir de ces théories. Il faudrait distinguer les effets du « sans gluten » de ceux du « sans lait », « sans maïs », « sans gluten + sans lait », etc., sur les différentes maladies citées. Il existe des techniques statistiques pour tester cela en minimisant le nombre d’expériences à mener. D’ailleurs, parlons justement de mathématiques. Elles sont indispensables à toute recherche scientifique. Elles servent à déterminer la taille minimale d’un échantillon de personnes pour que les résultats observés soient exploitables. Elles permettent de comparer des groupes et de définir si les différences observées sont significatives. Les résultats obtenus par le Dr Seignalet sont décrits comme spectaculaires, mais j’aurais aimé que l’ouvrage s’attarde autant sur leur valeur statistique que sur les notions de biologie. Cela auraient permis, par exemple, d’évincer des explications autres qu’alimentaires aux effets observés. Par exemple:

  • Au sein des groupes de patients étudiés, certains ont gardé leur traitement médical initial, d’autres ont reçu un traitement modifié, et d’autres enfin l’ont stoppé. Comment l’effet « traitement médical » a-t-il été séparé de celui du régime alimentaire?
  • Les rémissions sont-elles toujours exclusivement imputables au régime hypotoxique? Prenons l’exemple de la dépression. Je comprends bien que l’auteur ait observé des résultats positifs de ce régime sur ses patients. Cependant, comment l’auteur sait-il que les améliorations sont dues seulement à celui-ci, et non pas à son charisme de médecin, à l’attention particulière portée aux personnes qui en souffrent, à l’espoir donné, au fait qu’on leur donne quelque chose à faire contre leur problème et que celle-ci nécessite une certaine concentration au quotidien, faisant diversion par rapport à certaines de leurs préoccupations? Pour l’anecdote, je me souviens qu’à Madagascar, on m’a raconté que tout soignant devait systématiquement donner un « fad » au soigné, c’est-à-dire, justement, « quelque chose à faire » pour aller mieux. Cela faisait partie du soin. De même, chez nous, un patient s’attend toujours à recevoir une ordonnance de son médecin, même quand sa maladie pourrait guérir seule. Il est rassurant de sentir que l’on a le pouvoir d’agir. Et si cela fonctionnait aussi sur la dépression?
  • Toujours dans le même état d’esprit, de nombreuses rémission sont décrites avec une normalisation du poids du patient, le plus souvent un amaigrissement. Comment savoir si l’effet positif de ce régime sur les différentes maladies étudiées était dû à sa composition ou à la modification pondérale? De plus, comment savoir si cet amaigrissement est dû à la nature du régime, ou à la diminution du nombre de calories ingérées? Je présume de cette dernière d’une part parce qu’il recommande une certaine frugalité, et d’autre part car, pour les gens qui suivent ses préconisations, les tentations habituelles de journée sont inaccessibles: le pain à table, le croissant de la boulangerie d’en face, la pâtisserie amenée par un ami, sont autant d’interdits stricts susceptibles de diminuer la ration totale quotidienne. Moins de « craquages » = moins de kilos superflus = moins de maladies?

Il y aurait encore beaucoup à dire sur cet ouvrage. J’aurais aimé zoomer sur quelques pathologies, mais cet article est déjà très long. En résumé, ce livre préconise de respecter le régime hypotoxique si possible avant de développer la moindre maladie, et le plus tôt possible après l’apparition d’une pathologie. J’ai trouvé que les théories avancées étaient intéressantes, plutôt bien étayées, mais pas encore suffisamment. Il me manque certains approfondissements notamment statistiques, et la distinction des effets des composantes du régime sur les pathologies. Celle-ci autoriserait peut-être un peu plus de souplesse dans le suivi de ces préconisations. De plus, j’ose espérer qu’il existe des méthodes de production responsables, qui permettent de déguster sereinement du lait et du gluten. Je crois fermement au pouvoir des activités de Recherche et Développement sur ce sujet.

Je compte fortement sur la communauté scientifique pour réaliser des recherches suffisantes et j’ai hâte d’en connaître les conclusions. Je trouve très intéressant que l’on recommence, depuis quelques temps, à s’intéresser à la prévention des maladies et non pas seulement à leur soin, et que l’on relie de mieux en mieux les sciences de l’alimentation et médicales.

Par ailleurs, cet ouvrage date de 2001. N’hésitez pas à compléter cet article via les commentaires, ou la citation d’études ultérieures complétant celui-ci.

J’espère que cet article vous sera utile.

Par Gwénaëlle Piat Ragot

Ajout du 11/01/2017: justement, une émission d’Arte hier soir vient de récapituler les débats relatifs aux produits laitiers. Vous la trouverez ici en replay: « Lait, mensonges et vérités« .

 

Savez-vous vraiment ce qu’est un OMEGA 3?

Un OMEGA 3 est un acide gras bien particulier. On l’écrit aussi: w3. Les acides gras sont des lipides. On trouve des acides gras dans de nombreux aliments, en proportion différente selon le type d’aliment. Ce qui compte pour votre santé, c’est à la fois la quantité d’acides gras consommée, et leur nature.

Faites le test: demandez autour de vous quelle est l’huile la moins calorique. Certains vous répondront: « l’huile d’olive, bien sûr! ». Or, ce n’est pas vrai. Les huiles sont toutes composées de lipides, presque à cent pour cent, à environ 9 KCal/g. Si l’on dit que certaines sont meilleures pour la santé, c’est parce que leur composition en acides gras varie d’une huile à l’autre. C’est aussi le cas pour d’autres familles d’aliments, tels que les poissons évoqués plus haut. Certains produits sont meilleurs pour la santé, en raison des acides gras qui les constituent.

Prenons l’exemple de l’acide stéarique, qui est un acide gras. On le représente habituellement ainsi:

COOH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH3

C’est une molécule de 18 atomes de carbone (C), auxquels sont accrochés des atomes d’hydrogène (H) et, à un bout de la chaîne, un groupement carboxyle (COOH), c’est-à-dire un atome de carbone auquel sont accrochés un atome d’hydrogène et deux d’oxygène (O). Un acide gras, en résumé, c’est ça: une chaîne plus ou moins longue d’atomes de carbone avec un groupement carboxyle au bout. On numérote les atomes de carbones à partir de celui qui forme le « COOH ». C’est toujours l’atome de carbone N°1. Le dernier, qui forme le « CH3 » ou « groupement méthyle », est ici l’atome de carbone N°18. Vous allez voir plus loin que cela a son importance.

Maintenant, compliquons la réflexion.

Il arrive que certains atomes de carbone soient reliés par une double-liaison, au lieu d’une liaison simple. Concrètement, cela veut dire qu’ils ont moins d’atomes d’oxygène autour d’eux. Au lieu d’avoir une chaîne qui ressemble à ceci: « …-CH2-CH2-… », elle ressemble à ceci: « …-CH=CH-… ». Cela change les propriétés de la molécule d’acide gras, et même son nom. Par exemple, un acide stéarique avec une double liaison au 9ème atome de carbone s’appelle l’acide oléique. On le représente ainsi:

COOH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH=CH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH3

Lorsqu’il y a au moins une double-liaison, on dit que l’acide gras est insaturé. Il y a les mono-insaturés, comme celui ci-dessus, avec une seule double-liaison, et les poly-insaturés, lorsqu’il y en a plusieurs. Ceci, par opposition aux acides gras saturés, qui n’ont aucune double-liaison.

Par exemple, l’acide linoléique est un acide gras à 18 atomes de carbone comme l’acide stéarique (saturé) ou l’acide oléique (mono-insaturé), mais en version poly-insaturée. En effet, il y a des double-liaisons au niveau des carbones N°9 et 12:

COOH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH=CH-CH2-CH=CH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH3

On s’amuse encore un peu? Il existe aussi l’acide linolénique, qui a des insaturations aux carbones 9, 12 et 15:

COOH-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH2-CH=CH-CH2-CH=CH-CH2-CH=CH-CH2-CH3

Ce petit jeu existe bien évidemment pour des acides gras aux chaînes de carbone plus ou moins longues. Je vous passe pour l’instant les détails de la notion de molécules « cis » et « trans », cela fera l’objet d’un autre article.

Il est intéressant de savoir que les double-liaisons apportent de la souplesse aux molécules, et diminuent leur point de fusion. Par exemple, l’acide stéarique a un point de fusion de 69,6°C, contre 10,5°C pour l’acide oléique, et même -11°C pour l’acide linolénique, alors que ces trois-là ont le même nombre d’atomes de carbone. Concrètement, pensez aux saumons et poissons provenant des mers froides: ils sont riches en acides gras poly-insaturés. Pourquoi? Parce que les acides gras insaturés restent « souples » à des températures plus basses que les acides gras « saturés ». Composés d’acides gras saturés, ils seraient vite paralysés! (Vue de l’esprit bien évidemment)

Vous vous rappelez que je vous ai expliqué plus haut que l’on comptait les atomes de carbone à partir du groupement carboxyle (COOH)? Eh bien, on peut aussi les compter dans l’autre sens, à partir du CH3 que l’on appelle « omega ». Dans le cas des acides gras insaturés, on peut les nommer « omega-[+ un numéro] ». Ce numéro correspond au premier atome de carbone en partant du méthyle, qui comprend une insaturation. C’est facile à retenir: « omega » est la dernière lettre de l’alphabet grec, et représente ici le dernier atome de carbone de la chaîne (le CH3 au lieu du COOH). Par exemple, « omega 3 » signifie que la molécule d’acide gras est insaturée, et que la première double-liaison se trouve au niveau du 3ème carbone à partir de la fin (c’est-à-dire à partir du CH3). L’acide linolénique est un omega 3. En suivant le même raisonnement, vous avez déjà deviné que l’acide linoléique est un omega 6.

Il se trouve que notre organisme a besoin d’acides gras pour fonctionner, mais qu’il ne sait pas fabriquer en quantité suffisante certains d’entre eux. C’est pourquoi, ceux qu’il lui manque sont appelés essentiels, car ils doivent être apportés par l’alimentation. Les w-3 et w-6 en font partie. Ils sont apportés par des aliments différents. Vous trouverez des listes plus précises sur de nombreux supports de communication de santé publique, ou sur Wikipedia.

Et ce n’est pas tout!

Les scientifiques ont découvert, il y a déjà longtemps, qu’il ne suffisait pas de consommer des w-3 et des w-6 pour être en bonne santé: encore faut-il consommer cinq fois plus d’w-3 que d’w-6. La proportion de l’un par rapport à l’autre est importante.

Nous pourrions approfondir davantage, mais vous en savez déjà assez pour frimer en société lors de votre prochaine dégustation de sushis 😉

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