Justifier les allégations sensorielles

Les allégations sensorielles sont utilisées dans de nombreux secteurs, des cosmétiques aux produits d’hygiène, des équipements sportifs à l’industrie automobile, du textile à l’agro-alimentaire. Elles affirment les propriétés sensorielles, c’est-à-dire perceptibles par tout ou partie des cinq sens, des produits. Lorsque l’on annonce qu’un produit est frais, facile à ouvrir, croustillant, extra-tendre, onctueux, doux… Il s’agit d’allégations sensorielles.

Aujourd’hui, dans l’alimentation, seul le règlement INCO (INformation du COnsommateur) impose quelques précautions dans ce domaine. Et encore, il ne « zoome » pas sur les allégations sensorielles en particulier. Il oblige seulement les professionnels à ne pas induire en erreur les consommateurs. Par exemple, il est interdit de faire figurer des champignons sur l’image recouvrant un plat préparé, si celui-ci n’en contient pas. Il existe aussi des pratiques basées sur le bon sens. Par exemple, lorsque vous achetez un yaourt dans un emballage marron, vous vous attendez à ce qu’il ait un goût de chocolat. En tant que consommateurs, nous accordons plus ou moins de crédit à un professionnel selon la façon dont il communique autour de ses produits.

EXTRAIT du règlement INCO:

« 1. Les informations sur les denrées alimentaires n’induisent
pas en erreur, notamment:
a) sur les caractéristiques de la denrée alimentaire et, notamment, sur la nature, l’identité, les qualités, la composition, la quantité, la durabilité, le pays d’origine ou le lieu de prove­nance, le mode de fabrication ou d’obtention de cette denrée;
b) en attribuant à la denrée alimentaire des effets ou qualités qu’elle ne possède pas;
c) en suggérant que la denrée possède des caractéristiques particulières, alors que toutes les denrées alimentaires similaires possèdent ces mêmes caractéristiques, notamment en insistant particulièrement sur la présence ou l’absence de certains ingrédients et/ou nutriments;
d) en suggérant au consommateur, au moyen de l’apparence, de la description ou d’une représentation graphique, la présence d’une denrée ou d’un ingrédient déterminé alors qu’il s’agit en fait d’une denrée dans laquelle un composant présent naturellement ou un ingrédient normalement utilisé dans cette denrée alimentaire a été remplacé par un composant
ou un ingrédient différent. »

C’est pourquoi, les industriels, leurs prestataires et les professionnels de la commercialisation des produits s’interrogent constamment sur les possibilités de communication les plus pertinentes. Comment annoncer les propriétés de leurs produits de façon inattaquable? C’est une question à laquelle répond un projet de norme internationale en développement, relatif à la justification des allégations sensorielles. Il s’agit bien sûr ici d’un projet de « norme volontaire », et non d’une norme d’application obligatoire (voir mon article sur ce sujet). Elle est destinée à servir de référence au niveau mondial.

Celui-ci est suivi au niveau français par la commission de normalisation AFNOR/V09A – Analyse sensorielle. Cette structure élabore des normes et contribue à l’élaboration de normes relatives à la science du même nom, ayant vocation à caractériser les produits par les organes des cinq sens. Elle devient actuellement un véritable outil d’aide à la décision, par exemple:

  • Lors de la mise au point de nouveaux produits (formulation, choix des procédés)
  • Pour comparer les produits et caractériser leurs différences
  • Pour le contrôle de matières premières ou le contrôle qualité
  • Pour optimiser des conditions de stockage ou de transformation
  • Pour corréler des mesures sensorielles et la satisfaction des utilisateurs
  • Pour proposer une expertise.

La normalisation est une occasion de faire avancer des projets, de développer des réseaux et d’échanger des bonnes pratiques sur ce que l’on peut demander à un jury, le traitement des perceptions subjectives, les meilleurs exploitations des résultats d’expériences, etc. D’ailleurs, les activités de la commission seront présentées le 8 mars à l’AFNOR (pensez à réserver en cliquant ici). La présentation est gratuite, bien sûr. Par la suite, vous pouvez demander des informations en vous rendant sur le site de Norminfo.

Si vous souhaitez davantage d’articles sur l’analyse sensorielle, n’hésitez pas à m’adresser vos suggestions par message privé.

 

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