Devenez un maître Jedi en biérologie

Comment frimer autour d’une bière? C’est très facile de faire son petit effet. Voici quelques mots-clés à caser dans vos discussions. A vous ensuite de savoir les utiliser intelligemment. A lire seulement si vous êtes majeur et à ne partager qu’avec des majeurs, bien sûr.

Etes-vous zythophile?

Un zythophile est quelqu’un qui aime la bière. On pourrait aussi dire un biérophile, mais cela fait moins scientifique. Dans la même logique, il existe des zythologues ou biérologues: des gens qui étudient la bière: son élaboration, l’art de sa dégustation… A la fois comme un œnologue et comme un sommelier, mais pour la bière. Il existe même des formations très sérieuses à ce propos, distinctes de celles des brasseurs.

Quelle fermentation pour quelle bière?

La notion de fermentation « basse » ou « haute » reflète la température qui sied le mieux aux levures utilisées pour transformer le sucre en alcool et en dioxyde de carbone. Les fermentations basses se font à environ 10-15°C; elles donnent des bières à fort goût de malt et de houblon, plutôt blondes, à servir bien fraîches (4-7°C, soit en gros à conserver parmi vos yaourts) et qui se conservent bien. D’ailleurs, le terme « lager » viendrait de l’allemand, « lagern« : « stocker« . Les fermentations hautes ont lieu généralement entre 18 et 21°C, ce qui correspond à d’autres types de levures. Cela donne un produit plus aromatisé et plus alcoolisé. On les consomme grosso modo à la température de votre bac à légumes dans votre frigo. Comme la température est aussi propice au développement de certains germes indésirables, elles se conservent moins longtemps. Une bonne excuse pour les boire vite… En plus de ces deux types de fermentations, il existe aussi celles que l’on dit spontanées: elles se font à partir de levures présentes dans le milieu ambiant, et non de levures de culture comme dans les deux cas précédents. Enfin, les connaisseurs vous parleront aussi de fermentations mixtes (hautes + spontanées), qui donnent une bière rouge.

Rapport entre les noms de bières et leurs types de fermentations

Si vous arrivez à retenir ce qui suit, je vous garantis que vous allez pouvoir frimer.

Voici des exemples de types de bières issues de fermentation haute: ale, bières de Rhénanie (Altbier, Bönnsch, Kölsch), bières trappistes (la plupart), stout (irlandaise, très foncée, telle que la Guinness, la Beamish, la Caffrey, la Murphy’s Irish stout -attention, car Murphy réalise aussi de la bière rousse qui n’est pas une stout et qui se nomme Murphy’s Irish Red). Il y a aussi la weizen (= Weissbier = Weizenbier), déclinée en 3 variétés: Kristallweizenbier, blonde limpide ; Hefeweizenbier, claire mais trouble ; Dunkelweizenbier, brune.

La Bock et la Doppelbock peuvent être issues de fermentations hautes ou basses.

Voici des exemples de bières issues de fermentation basse: lager, Dunkles, Helles, Pils (= Pilsener = Pilsen = Pilsner; la Heineken notamment est une pils blonde), Schwarzbier.

Quant à la bière issue de fermentation spontanée, on l’appelle lambic, et on consomme surtout des produits réalisés à partir de celle-ci: le Faro (lambic + sucre roux), la Kriek (lambic + cerise acide appelée Morello ou simplement aromatisée à la cerise) et les autres bières aromatisées, ou la Gueuze (mélange de lambics jeunes et vieux).

Attention, ces noms ne sont que des points de repères: certains cachent de nombreuses dénominations et marques. Par exemple, toutes ces bières sont des weizen: Erdinger, Paulaner, Edelweiss, Franiskaner, Fohrenburger, Weihenstephan. Si vous ne parlez pas allemand: à consommer en début de soirée car après quelques verres, vous aurez bien du mal à prononcer leurs noms devant un barman.

Quelle est la différence entre une bière trappiste et une bière d’abbaye?

La trappiste est brassée sous la supervision de monastères trappistes, par des religieux ou des laïcs. Celle d’abbaye porte le nom d’une abbaye (admirez le pléonasme) qui n’est pas forcément trappiste et, d’ailleurs, n’existe parfois plus.

Bière double, bière triple: cela ne veut pas dire que vous en avez deux ou trois fois plus! Cette dénomination indique qu’elles ont été réalisées à partir de davantage de sucres. Or, les levures s’en nourrissent. Il en résulte un plus fort taux d’alcool.

Par ailleurs, en biérologie, il y a degré et degré. Celui d’alcool, tout le monde sait ce qu’il représente. Il existe aussi le degré Bailing, qui indique le pourcentage d’extrait sec du moût avant fermentation, et le degré Régie, correspondant à la densité du moût avant fermentation.

Le moût, justement, c’est le mélange d’eau chaude, de malt et parfois d’autres céréales avant que l’on n’y ajoute la levure qui déclenchera la fermentation.

Dans quoi servir quelle bière?

Pour bien faire, il faudrait servir les pils dans des flûtes, les bières d’abbayes ou trappistes dans des verres calices (facile à retenir: rappelez-vous que toutes les églises ont des calices pour la communion), les lambics dans des godets de taille adaptée, les ales dans des chopes… Et de nombreuses autres en canettes ou bouteilles, bien sûr.

Une pinte, ça fait combien de chopines?

Attention! Le terme « pinte » peut représenter différents volumes: la pinte de Paris fait environ 952 mL (je vous fais grâce des virgules), celle du Canada, 1,3 7L, celle des Etats-Unis, 473 mL, … Alors, pour s’y retrouver, je vous recommande le tableau de http://www.univers-biere.net (ici). Il vous aidera à choisir entre un galopin et un sérieux

Pour meubler agréablement une conversation, vous pouvez demander à vos interlocuteurs les bières les plus originales qu’ils ont goûtées, ou celles qu’ils ont préférées. Personnellement, je crois qu’une des premières bières que j’ai découvertes était le dolo, au Burkina Faso. C’était un breuvage trouble, orange vif -d’ailleurs, au visuel, on aurait dit du jus d’orange. Il était servi dans des calebasses, c’est-à-dire des récipients non transparents, en l’occurrence sphériques et dotés d’un col haut. Cela empêchait de voir à l’avance ce que l’on allait consommer (« pourvu qu’il n’y ait pas une mouche dedans », me disais-je). J’avais trouvé le goût amer. J’ai appris plus tard que cette boisson était habituellement confectionnée uniquement par des femmes -et consommée plutôt par les hommes-, qu’elle devait être préparée en moins d’une journée et bue dans les 24h (la bonne excuse…). J’aimerais bien la goûter à nouveau maintenant, avec mon palais un peu plus entraîné, pour voir si elle me donnerait toujours la même impression.

Et enfin, comment refuser poliment un verre?

Parce que l’alcool, c’est délicieux, mais à condition d’être libre d’en boire ou pas.

Selon le contexte, vous pouvez essayer l’humour: « j’peux pas, j’essaye d’arrêter » ou, si vous êtes un homme ou une personne âgée, l’humour décalé: « je suis enceinte« . Vous pouvez tester les excuses polémiques ou invérifiables: « Non merci, je me suis converti [sans dire à quoi]/ j’ai trop de triglycérides dans le sang en ce moment / etc. ». Attention, ensuite, il faut assumer! Enfin, selon moi, le mieux reste la simple vérité ou une « vérité de politesse », par exemple: « pas aujourd’hui, j’ai sport ce soir » ou « plutôt que ceci, je préfèrerai boire cela [et demander une boisson qui vous plaît vraiment] », ou enfin: « j’en ai déjà bu une tout à l’heure« …

Sur ce, je vous laisse, et vous souhaite de prochains apéritifs délicieux et conviviaux.

 

 

 

 

 

 

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